RUPTZ

LE COLLECTIF RUPTZ - A lire ...

Sous le nom de Ruptz, Marc Borgers et Jean-Louis Sbille ont réalisé avec Anne Frère, entre 1975 et 77, des sérigraphies, des performances, des installations, un film et un livre.
Dans la vidéo Sad in Country 2 sortie en 2008, leurs activités sont documentées par des images de pièces "disparues" et des interviews d'eux, de Claude Lorent et Pierre-Olivier Rollin. Le groupe s’est dissout en laissant quelques projets non réalisé pour former le collectif ADN avec Anne Frère et Michel Renard, à Bruxelles et publier la revue Soldes, Fin de Séries, en onze numéros, de 1978 à 1984.

RUPTZ

Délaissés par la critique de l’époque, oubliés des historiens d’art, et surtout absorbés par leur travaux ultérieurs (design graphique, stylisme, danse, éditions, etc.), les membres de Ruptz ne figurent aujourd’hui dans aucune anthologie consacrée à l’art contemporain en Belgique (il est vrai, écrites, la plupart du temps, par des Néerlandophones), ni dans le moindre recensement francophone. Pourtant, d’après Pierre-Olivier Rollin, commissaire d'exposition et fondateur du BPS22, Ruptz est le groupe belge le plus intéressant des années 70.

En juin 1975, Marc Borgers et Jean-Louis Sbille décident de travailler ensemble et de partager leur expérience. Ils créent le groupe mouvant RUPTZ. Au départ Marc Borgers est graphiste et vit d’images. Jean-Louis Sbille est sociologue et vit de mots. Ils fréquentent le même atelier et le même appartement qu’Anne Frère, styliste
"…À travers une dizaine de réalisations, dont il ne subsiste que quelques notes, que de rares images-photos ou des bandes vidéos aujourd’hui inutilisables, et quelques articles de presse, RUPTZ a multiplié les approches et diversifié les techniques et les supports pour tenter d’approcher le seul fait qui l’intéressait vraiment : la relation du consommateur - acheteur, qui se voit comme amateur d’art, à l’objet désigné médiatiquement et économiquement comme étant une “œuvre d’art”.
L’action, l’écrit, la performance, l’implication physique, les voyages constituent une part d’un “produit” qui restera insaisissable et qui comme un miroir se contente de renvoyer l’image qui s’offre à lui.
Cette démarche suicidaire qui salua en son temps, le romantisme d’Andréas Baader prit fin en 1978. Jean-Louis Sbille et Marc Borgers créèrent alors le magazine international : "SOLDES – Fins de série" qui, après dix numéros, se saborda en organisant en 1982, trois grandes fêtes : au Palais des Beaux arts de Bruxelles, au REX à Paris et au MUDD CLUB à New York… (In catalogue pour l’exposition "Le grand Jardin du Paradoxe..." La Galerie du Cirque Divers Liège Mai '95)

RUPTZ : UN LIVRE CATALOGUE EN PREPARATION POUR 2009

Un catalogue de l'œuvre de RUPTZ est en préparation. L'auteur, Pierre Olivier Rollin (BPS 22 - Charleroi) en collaboration avec Claude Lorent, (critique d'Art et journaliste) y décrira le travail de Ruptz point par point.
La motivation principale de cette édition est de rendre à Ruptz la place qui est la sienne dans l’histoire de l’art belge, voire européenne. Beaucoup d’artistes francophones sont «sous-estimés», notamment en raison de leur peu de visibilité institutionnelle et éditoriale. C’est d’autant plus le cas de Ruptz dont l’activité fut brève (mais intense) et l’entregent «professionnel» inexistant.
Entre 1975 et 1978, les membres du groupe Ruptz, Marc Borgers, Anne Frère et Jean-Louis Sbille, ont réalisé une série «d’interventions» en tout genre en Belgique, à Namur (leur ville d’origine), Charleroi, Liège et Bruxelles. Ces interventions situaient ce groupe à la croisée de pratiques alors totalement émergentes : vidéo art, performance, body art, multiple photographique, édition d’artiste, art sociologique, voir esthétique de la communication. Elles furent menées la plupart du temps en collaboration avec la Galerie Détour, près de Namur, alors dirigée par Claude Lorent.
D’une radicalité sans égal en Belgique, parfois involontairement proches d’artistes comme Dan Graham ou Vito Acconci, ces interventions ont été vécues, par leurs auteurs, comme des nécessités vitales, indépendamment de l’écho qu’elles pouvaient rencontrer ou de la postérité qu’elles pouvaient légitimement escompter. Partant du principe que « le passé n’a plus à être partagé », Marc Borgers et Jean-Louis Sbille n’ont accordé aucune importance à la conservation des traces tangibles de leurs actes, ni de leurs documents.
Seuls quelques articles de presse, notamment dans la revue +/- zéro, font état de leur action. En 2005, Pierre-Olivier Rollin a publié un texte dans les Actes du colloque Art Vidéo, à l’initiative des Facultés Universitaires de Namur (Belgique), présentant les œuvres vidéos du groupe. Ce texte était tiré de son mémoire de fin d’étude en Histoire de l'Art et a motivé son intervention dans le film de Catherine Vertige et Kosten Koper, Sad in Country. Part II.

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RUPTZ 1

Panorama d'Eggishorn

sérigraphie du panorama d'Eggishorn

C'est le premier travail artistique de Marc Borgers au sortir des études. Il déclenche aussi la collaboration Ruptzienne. Partant d'une gravure du guide suisse Baedeker datant de 1811, Marc Borgers crée le Panorama d'Eggishorn version 4 saisons en multiple sérigraphie avec diamantine et microshpères de verre. Le Panorama comporte 6 tableaux et 4 versions couleur. Marc Borgers proposera alors de travailler sur place, récolter l'air des montagnes dans des poches de plastique transparentes puis étayer le propos avec un univers réaliste de photos, films sons et musique.


Le package de l'expo comportait : 24 Sérigraphies, film super 8, musique réaliste et synthétique (Alain Pierre), photographies

  • Du 12/09 au 12/10/1975, Maison de la Culture de Namur (Belg.)
  • du 01/10 au 15/10/1975, Vieux Quartier, Lausanne (Suisse)
  • du 05/11 au 23/11/1975, Holiday Inn, Luxembourg
  • du 17/11 au 28/11/1975, Université Libre de Bruxelles (Belg.)

A propos du Panorama d'Eggishorn sérigraphié :
"...En refusant de livrer les clefs de lecture l'artiste entretien le doute, cultive l'interrogation jouant avec la fascination de l'image scintillante. Où se situe l'art, quels sont ses domaines, ses tabous, ses limites, ses propriétés"... Claude Lorent, in "Artistes de la Province de Namur"
RUPTZ l'image du voyage

RUPTZ 2

Ils produiront d’abord une image offset narrative : "MIROIR".
(Offset bi-chrome _Noir et gris_ sur papier couché de 135 gr. 68/90 cm)
Celle-ci froide comme le texte qui la sous-tend ne peut que renvoyer le regardeur à lui-même. Le procédé d’impression offset est considéré comme uniquement commercial et industriel. Ruptz pense que cette technique peut être utilisée autrement et produire des "objets artistiques". Cette image a été vendue dans deux circuits. Le premier celui des magasins de posters, l’autre, celui des galeries d’art. Seules les images vendues dans le circuit des galeries étaient numérotées de un à cent et signées. Leur prix de vente était dix fois plus élevé. Les seules images offset vendues l’ont été dans le circuit des galeries d’art. C’est sans doute sa violence qui explique son insuccès dans le circuit des posters shops…
Cette image, tirée à 1000 exemplaires, sera quelques mois plus tard, transformée en “poudre de papier” et conservée, en tant que “multiple mutilé” dans des bocaux, numérotés, signés et mis en vente.


"Il écrivait immobile. La douce bleuté du début du matin transpirait ce lieu. Des plantes vertes prisonnières se mélangeaient aux meubles bruns surchargés de garnitures. Tous les objets se regardaient impassibles, vagues, superbes. Ils se sentirent tous deux pris dans l’absence de relief, dans le trompe-l’œil d’une carte postale. Comme projetés sur un écran d’un film arrêté. Ils aimèrent être images dans un univers d’images et se regardèrent vivre dans les nombreux miroirs de cet appartement cancéreux."
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PROJET DE LIVRE MARC BORGERS

Un livre qui est aussi une exposition à la Maison de Culture à Namur (Belgique) en janvier - février 2008. Rassembler les mots et les images, comme Noé dans l'Arche avec tous les animaux. L'abstrait et le figuratif se joignent comme les pièces d'un puzzle. Un besoin de piéger les mécanismes de la création.

Comme une femme élégante cache ce qu'elle montre, l'artiste toujours emballe ce qu'il expose et donne ainsi plus de force au mystère. Voir le projet de livre

PROJET LA MER.©

"Le mouvement infini de la surface de l'eau exclut toute réalité définitive, nous sommes devant un imprenable spectacle. Son interprétation par nos systèmes de représentation est limité forcément par leur durée, leur cadre, leur autonomie et leur nature propres. Il existe là une déconstruction pure et simple de nos systèmes de représentation."